Microplastiques : La face cachée de vos gobelets de café jetables
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/01/19 02:42
Janvier. 19, 2026
Selon une littérature scientifique de plus en plus abondante, les microplastiques — ces fragments de débris dont la taille oscille entre un micromètre et cinq millimètres — sont désormais omniprésents dans la nature. Plus inquiétant encore, ils semblent avoir investi le corps humain : des études récentes en ont décelé dans nos artères, nos organes reproducteurs et jusque dans notre cerveau.
S’il est difficile de mesurer l’ampleur de notre exposition quotidienne au plastique, une nouvelle menace vient d’être identifiée. Une étude publiée dans la revue spécialisée Journal of Hazardous Materials: Plastics révèle que les contenants les plus courants, notamment les omniprésents gobelets à café jetables, libèrent des quantités massives de microplastiques sous l’effet de la chaleur, un phénomène qui se produit chaque fois qu’une boisson chaude y est versée.
« À mesure que la température du liquide augmente, la libération de microplastiques s’intensifie également », souligne Xiangyu Liu, chercheur à l’Université Griffith, dans un essai publié par The Conversation.
Après une méta-analyse initiale de 30 études examinées par des pairs, les chercheurs ont constaté que les émissions de particules varient de quelques centaines à plus de huit millions par litre, selon le matériau utilisé et le protocole de recherche.
L’impact déterminant de la température
Passant de la théorie à la pratique, l’équipe a mené une expérience sur 400 gobelets exposés à des liquides allant de la température glacée (5 °C) à la chaleur intense (60 °C). Les résultats confirment que la température joue un rôle prépondérant dans la dégradation du matériau.
Fait notable : le temps de contact (laisser la boisson reposer pendant des heures) a un impact bien moindre que la « température initiale du liquide au moment où il frappe le plastique ». L’étude précise également que les gobelets en papier avec revêtement plastique libèrent moins de microplastiques que les gobelets entièrement en plastique, et ce, quelle que soit la température.
Selon les projections des chercheurs, la consommation de seulement 300 ml (environ 10 onces) de café chaud dans un gobelet entièrement en plastique pourrait entraîner l’ingestion annuelle de 363 000 particules de microplastiques.
Entre alerte et prudence scientifique
Si ces chiffres sont alarmants, plusieurs nuances s’imposent avant de renoncer définitivement au café du matin. Comme le souligne Xiangyu Liu, la durée de rétention de ces particules dans l’organisme humain reste une inconnue majeure.
De plus, la précision des mesures fait débat. Cette semaine encore, une enquête du Guardian a jeté un doute sérieux sur la validité de certaines études récentes. Des experts suggèrent que la présence de microplastiques dans les prélèvements humains pourrait résulter d'une contamination externe lors des analyses, alimentant une controverse sur la légitimité de ces découvertes.
En d'autres termes, de nombreuses études anxiogènes pourraient reposer sur des « faux positifs », rappelant l’immensité des zones d’ombre concernant l’impact réel du plastique sur la santé. « Cela nous oblige à réévaluer tout ce que nous pensons savoir », explique le chimiste Roger Kuhlman au Guardian. « Il s’avère que nos connaissances sont très limitées. De nombreux chercheurs avancent des affirmations extraordinaires sans fournir de preuves tangibles. »
Vers des habitudes de consommation plus sûres
Néanmoins, en attendant un consensus scientifique, le chercheur préconise la vigilance et propose des solutions simples pour protéger notre santé à long terme :
Privilégier les matériaux inertes : Pour les boissons chaudes, l'usage de contenants réutilisables en acier inoxydable, en céramique ou en verre est idéal, car ces matériaux ne se désagrègent pas.
Le choix du moindre mal : Si l'usage d'un gobelet jetable est inévitable, les modèles en papier doublé de plastique sont préférables aux modèles 100 % plastique, bien qu'aucun ne soit totalement exempt de résidus.
Éviter l'ébullition : La chaleur étant le catalyseur de la libération du plastique, il est déconseillé de verser des liquides bouillants directement dans des contenants plastifiés.
« En comprenant l’interaction entre la chaleur et les matériaux, nous pouvons concevoir de meilleurs produits et faire des choix plus éclairés pour notre dose quotidienne de caféine », conclut-il.
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