Pas par amour des traditions : les motivations sombres derrière l’idéal de la femme au foyer traditionnelle
Par Joe Wilkins .Publié le
2026/04/15 08:34
Avril. 15, 2026
L’esthétique de la Tradwife, telle qu’elle est vendue aux femmes, est assez simple à comprendre. Dans notre monde saturé par l’addiction aux réseaux sociaux et le salariat sans issue, il peut être tentant de chercher refuge dans le fantasme du pain au levain, tout droit sorti des publicités d’après-guerre : une retraite vers une époque plus simple, bien qu’archaïque, de notre histoire récente.
Cependant, pour les hommes du XXIe siècle, l’attrait est moins évident. Certes, il existe ce romantisme inévitable des valeurs conservatrices auquel certains s’identifient, mais ce mode de vie comportait de nombreuses contraintes. On attendait des hommes qu’ils assument seuls les finances de toute la famille, sacrifiant parfois leur vie dans des guerres lointaines.
Aujourd’hui, des chercheurs de l’Université du Nevada ont franchi une étape décisive dans la compréhension de ce qui pousse les hommes vers ce mode de vie traditionnel. Et il ne s’agit certainement pas du simple rêve d’une maison coquette avec une clôture blanche.
Une étude qui brise les idées reçues
Dans une étude inédite publiée par la revue Psychology of Women Quarterly, des chercheurs ont interrogé près de 600 Américains sur leur perception du mouvement Tradwife. Les participants, âgés de 18 à 29 ans, ont été questionnés sur leurs sentiments envers les hommes, les femmes et les thématiques de la vie traditionnelle, tout en évaluant diverses attitudes telles que le sexisme et la ferveur religieuse.
En analysant ces réponses, les psychologues ont identifié les facteurs corrélés au soutien de cette tendance. L’un des éléments clés, à la grande surprise des chercheurs, est le sexisme hostile, défini par des croyances ouvertement négatives à l’égard des femmes.
Rachael Robnett, psychologue à l’Université du Nevada et auteure principale de l’étude, a confié au Times de Londres : Nous avons été stupéfaits par ces résultats.
Entre dépendance et ressentiment
Si la religiosité accrue et le désir d’une intimité hétérosexuelle traditionnelle sont également des indicateurs forts, l’équipe de recherche supposait initialement que le sexisme bienveillant — une attitude chevaleresque et protectrice envers les femmes — serait le principal moteur de ce retour aux sources.
Pourtant, la réalité est tout autre. Le profil de l’homme qui soutient fermement le mouvement Tradwife n’est probablement pas celui auquel on s’attendrait. L’étude suggère que ces hommes dépendent des femmes pour leur besoin d’intimité, tout en éprouvant un profond ressentiment à l’égard de cette dépendance.
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