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Société » Enfance

Dès 2 ans, trop d'écrans ? Le cri d'alarme de la science


Par Beth Greenfield .Publié le 2025/03/28 10:50
Dès 2 ans, trop d'écrans ? Le cri d'alarme de la science
Mars. 28, 2025
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L’association entre les enfants et un temps d’écran excessif soulève de nombreuses inquiétudes : retards cognitifs, troubles des fonctions exécutives, et taux plus élevés de dépression, d’anxiété et d’insomnie sont autant de risques liés à une exposition trop précoce et trop fréquente aux smartphones, tablettes et autres écrans.

Pourtant, les recherches – ainsi que les mises en garde sévères émanant de l’American Academy of Child & Adolescent Psychiatry ou du psychologue social Jonathan Haidt, qui plaide pour l’interdiction des smartphones avant le lycée – restent ignorées par de nombreux parents.

En effet, 60 % des parents déclarent que leurs enfants ont commencé à utiliser la technologie avant même de savoir lire, selon un sondage Harris commandé par Bright Horizons, une entreprise nationale d’éducation préscolaire. Près des trois quarts (73 %) admettent que leurs enfants auraient besoin d’une « détox » numérique, dont 68 % des parents d’enfants de moins de 6 ans.

L’American Academy of Pediatrics (AAP) recommande de limiter strictement le temps d’écran avant 2 ans, et uniquement en co-regard avec un adulte capable d’interagir et d’expliquer. « Les enfants de moins de 2 ans apprennent et grandissent en explorant le monde physique qui les entoure. Leur cerveau se développe mieux lorsqu’ils interagissent et jouent avec leurs parents, frères et sœurs, ou d’autres adultes », précise l’institution.

Pour les 2-5 ans, l’usage des écrans devrait se limiter à une heure par jour, privilégiant les appels vidéo ou des émissions éducatives comme Sesame Street.

Or, selon Common Sense Media, les moins de 2 ans passent déjà plus d’une heure par jour devant un écran, et les 2-4 ans, deux heures et huit minutes en moyenne.

Pourquoi les parents ignorent-ils ces avertissements ?

D’autant que, selon le rapport de Bright Horizons, 49 % s’inquiètent pour la santé mentale de leurs enfants, et 42 % reconnaissent un temps d’écran excessif.

La réponse tient en partie au désespoir parental : 55 % utilisent les écrans comme monnaie d’échange pour motiver leurs enfants à faire leurs devoirs ou tâches ménagères, et 58 % s’en servent pour les calmer en public.

Comme l’explique la psychologue Becky Kennedy (alias Dr. Becky), interrogée précédemment par Fortune, nous naviguons en eaux inconnues. « L’éducation n’a jamais été intuitive, mais croire qu’elle le serait dans un monde numérique est une mauvaise blague – voire une manière de culpabiliser inutilement les parents », souligne-t-elle. Plus nous sommes absorbés par nos propres téléphones, plus il devient difficile d’imposer des limites à nos enfants.

Pourtant, alerte Kennedy, qui a collaboré avec Haidt sur un guide parental, le coût de l’absence de règles « n’a jamais été aussi élevé ».

Des risques majeurs pour le développement

Rachel Robertson, directrice académique de Bright Horizons, s’alarme des résultats de l’enquête et insiste sur l’importance de « penser long terme » dans le développement de l’enfant.

« Nous posons les bases de leur future vie d’adulte. Les écrans n’apportent rien à ce développement précoce – bien au contraire, ils le compromettent, et ce temps perdu est irrattrapable », explique-t-elle.

Par exemple, donner un écran à un enfant qui s’agite dans un magasin le calme sur le moment, mais « l’empêche d’apprendre à gérer ses émotions ou à développer ses fonctions exécutives », précise Robertson. Une habitude répétée « a un impact développemental significatif ».

Plusieurs études corroborent ces risques : un temps d’écran excessif chez les tout-petits est lié à des retards de langage, de cognition et de sociabilité. D’autres travaux montrent qu’un usage supérieur aux recommandations de l’AAP affecte les zones cérébrales dédiées au langage.

Comment réduire la dépendance aux écrans ?

Robertson propose des solutions pour un usage plus raisonné :

  1-  Agir avec intention : Les écrans omniprésents (caddies, taxis, avions) rendent leur évitement délibéré nécessaire. Privilégiez des alternatives créatives : un sac rempli de petits objets (bouteilles en plastique, crayons) pour occuper l’enfant en déplacement.

  2- Jeux traditionnels et livres : Des activités simples (« Jacques a dit », chasse aux couleurs) ou la relecture répétée d’un livre favorisent la sécurité affective et l’imagination.

  3-  Utiliser les écrans à bon escient : Les transformer en outil plutôt qu’en divertissement – par exemple, chercher une recette ensemble – encourage la pensée critique.

« La technologie devrait toujours être un outil, pas une distraction », conclut Robertson.

Source : Fortune


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