La pénalité de la ménopaus : une étude révèle une chute des salaires chez les femmes en milieu de carrière
Par Beth Greenfield .Publié le
2025/03/30 17:15

Mars. 30, 2025
Une nouvelle étude met en lumière un phénomène inquiétant : les femmes subiraient une baisse significative de leurs revenus en fin de période reproductive. Les chercheurs l'ont baptisé "la pénalité de la ménopause".
Des chiffres qui parlent
Une équipe d'économistes des universités de Londres, Bergen, Stanford et Delaware a calculé que les femmes diagnostiquées ménopausées subissent :
Une baisse immédiate de 4,3% de leurs revenus en moyenne
Une perte cumulative atteignant 10% dès la 4ème année
L'étude s'appuie sur des données médicales exhaustives de Suède et Norvège, concernant des femmes nées entre 1961-1968 et diagnostiquées entre 45 et 55 ans.
Pourquoi ce focus sur les diagnostics ?
"Seule 1 femme sur 3 reçoit un diagnostic formel", explique la Pr Gabriella Conti (University College London), auteure principale. "En ciblant ces cas, nous étudions un marqueur aussi tangible qu'une naissance pour la 'pénalité maternelle'".
Attention nuance : "Toutes les femmes ménopausées ne perdent pas 10% de salaire. Notre étude concerne celles dont les symptômes - périménopause, saignements post-ménopause, etc. - sont suffisamment graves pour être diagnostiqués."
L'effet domino sur la productivité
Le diagnostic ouvre souvent la porte à d'autres observations médicales :
Fatigue chronique
Migraines
Stress aigu
Dépression
"Ce cocktail pathologique réduit inévitablement la capacité de travail", souligne Conti. La preuve ? Les chercheurs ont noté :
✔ Une baisse du temps de travail (principal facteur de la chute des revenus)
✔ +4,8% de recours aux arrêts maladie dans les 4 ans post-diagnostic
Un phénomène mondial aux solutions locales
Bien que l'étude porte sur des pays scandinaves, la Pr Conti estime les résultats transposables : "La biologie est universelle, mais l'impact dépend du contexte - accès aux soins, politiques d'entreprise..."
La preuve par l'exemple : au Royaume-Uni, le label "menopause-friendly workplace" (déjà obtenu par le géant américain CVS) montre qu'un environnement bienveillant change la donne.
Les plus vulnérables : premières victimes
L'étude révèle une double peine pour :
➤ Les femmes sans diplôme universitaire
➤ Celles déjà en situation de revenus modestes
"Les diplômées sont généralement mieux informées sur les traitements et s'adaptent plus facilement", analyse Conti.
Le plaidoyer des chercheurs
Face à ces constats, l'équipe réclame :
Une meilleure information sur la ménopause
Un accès élargi aux soins spécialisés
Des politiques d'entreprise adaptées
"Toutes les femmes vivent la ménopause, mais chacune la ressent différemment", rappelle Conti. "Notre étude prouve que soutenir cette transition profite autant aux femmes qu'aux employeurs."
Source: Fortune
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