Ménopause : le nouveau défi de l'entreprise inclusive
Par Holly Corbett .Publié le
2025/03/30 16:39

Mars. 30, 2025
Longtemps passée sous silence malgré son impact sur la moitié de la population, la ménopause connaît enfin un début de reconnaissance. Entre produits dédiés envahissant le marché et témoignages de célébrités comme Gwyneth Paltrow ou Drew Barrymore, le sujet émerge enfin. Les entreprises, elles, prennent conscience du coût de l'ignorance : selon une étude de la Mayo Clinic, les absences liées aux symptômes ménopausiques coûteraient 1,8 milliard de dollars annuels aux employeurs américains.
Ménopause : un bouleversement systémique
La ménopause (12 mois sans cycle menstruel, survenant en moyenne à 52 ans) est précédée d'une périménopause pouvant durer des années. Avec ses fluctuations d'œstrogène, cette phase déclenche des symptômes variables : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sautes d'humeur ou problèmes de mémoire.
"L'œstrogène influence tous les tissus et organes, pas seulement l'appareil reproducteur", explique le Dr Stephanie Faubion (Mayo Clinic), coauteure de l'étude. "Son déclin affecte le cerveau, les articulations... Les douleurs articulaires sont d'ailleurs parmi les plaintes les plus fréquentes."
La ménopause sort de l'ombre
Pourquoi ce tabou persistant ? "Comme les règles, la ménopause a été reléguée au rang de 'problème de femmes', analyse Shelley Zallis (The Female Quotient). "Et la société associe ménopause et vieillissement, donc aux risques de discrimination professionnelle."
Un tabou qui se fissure avec l'arrivée des Générations X et Y dans cette phase de vie : "Elles ne souffrent pas en silence et cherchent des solutions collectives", observe le Dr Faubion. L'intérêt du marché aide aussi : le secteur de la ménopause pesait 24,4 milliards de dollars en 2024.
L'enjeu économique des quinquas en entreprise
Aux États-Unis, 15 millions de femmes de 45 à 60 ans travaillent à temps plein. Un vivier précieux : "Ma période ménopausique a été la plus productive de ma carrière", témoigne Zallis.
Ignorer leurs besoins coûte cher : remplacer une employée expérimentée peut revenir à deux fois son salaire annuel. "Les entreprises non adaptées verront ces talents partir vers des concurrents plus inclusifs", alerte le Dr Catherine Hansen (Pandia Health).
Pire : le manque de soutien aggrave la "fuite des cerveaux" féminins. "Beaucoup renoncent à des promotions pour réduire leur stress", constate le Dr Faubion. Un frein invisible à la parité dans les comités de direction.
Adapter l'entreprise : oui, mais comment ?
Faut-il des "espaces ménopause" dédiés ? "Une idée ridicule qui stigmatise", critique Kiran Rai, 58 ans. "Préférons des congés maladie accessibles à toutes, y compris aux ouvrières en usine."
3 pistes concrètes :
Flexibilité généralisée : horaires modulables, télétravail. Chez Land 'O Lakes, cela a boosté la rétention.
Bénéfices par étape de vie : comme le "care wallet" de The Female Quotient (crédit pour garde d'enfants, soins personnels...).
Former les RH : assouplir les codes vestimentaires, donner accès aux thermostats, inclure des spécialistes en réseaux de soins.
"Une entreprise adaptée à la ménopause est simplement... humaine", résume le Dr Hansen. La clé ? Écouter toutes les voix – sans oublier celles des femmes en bleu de travail.
Source: Forbes
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