Piratage intelligent : un nouvel outil d'IA clone les logiciels pour contourner le droit d'auteur
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/04/27 04:14
Avril. 27, 2026
L'IA générative continue de saper le concept même de propriété intellectuelle. Après le pillage des livres et la création de contenus viraux douteux, c'est au tour du logiciel d'être menacé. Un nouvel outil nommé « Malus.sh » (prononcé comme malice) utilise l'IA pour « libérer » les logiciels de leurs licences existantes, créant des clones dits « de salle blanche » (clean room) qui ne violent techniquement pas le droit d'auteur du code original.
Une « libération » aux dépens des créateurs
Le projet, qui a débuté comme une critique satirique des tensions au sein de la communauté open source, est devenu un produit réel géré par une LLC avec des clients payants. Le principe repose sur une méthode de conception ancienne, autrefois utilisée pour rétro-concevoir les ordinateurs d'IBM, mais désormais simplifiée par l'IA : reconstruire les fonctions d'un logiciel sans jamais être exposé à son code source sous-jacent.
Le site de Malus.sh affiche des slogans provocateurs : « Enfin libéré des obligations de licence open source. Nos robots IA recréent indépendamment n'importe quel projet à partir de zéro. Le résultat ? Un code légalement distinct avec des licences adaptées aux entreprises. »
Le génie est sorti de la bouteille
Cette tendance inquiète profondément les développeurs. Le mois dernier, une réécriture complète d'une bibliothèque Python populaire, réalisée avec l'IA Claude d'Anthropic, a déclenché un débat houleux sur ces copies qui ne créditent plus les auteurs originaux.
Pour les experts du secteur, une réécriture qui aurait pris des mois ou des années à une équipe peut désormais être faite en quelques jours. Comme le souligne l'ingénieur Dan Blanchard : « Je n'aime pas le fait que le modèle économique de la vente de logiciels soit en danger, mais je ne pense pas qu'il soit possible de faire marche arrière à ce stade. »
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