Atlas brise les lois de la nature avec des mouvements démoniaques
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/01/08 18:01
Janvier. 08, 2026
Lors d'une démonstration technique aussi fascinante qu’inquiétante, Boston Dynamics a dévoilé la dernière version de son robot emblématique, Atlas. Bien plus qu'une prouesse d'ingénierie, cette présentation a pris des airs de cauchemar éveillé, effaçant la frontière entre la machine utilitaire et les créatures issues du cinéma d’épouvante.
La reproduction de la forme humaine bipède ne fait pas l'unanimité dans le monde de la robotique. Marcher sur deux pieds est intrinsèquement moins stable que sur quatre membres ou sur des roues, et égaler la dextérité de la main humaine demeure un défi titanesque.
Pourtant, Boston Dynamics a manifestement choisi de s'affranchir des contraintes de l'anatomie humaine. Lors du salon CES de Las Vegas, la firme a exposé l'agilité de son nouvel Atlas, doté d'une liberté de mouvement si surnaturelle qu'elle brise instantanément l'illusion d'une entité humaine.
Des articulations sans limites
La clé de cette démonstration réside dans des articulations intelligentes permettant une « rotation continue ». Concrètement, ses hanches, ses poignets et son cou peuvent pivoter à 360 degrés sans aucune entrave.
Après s’être avancé d’un pas assuré, Atlas a commencé à faire tourner ses mains tel un foret, avant de pivoter sa tête à la manière de la fillette dans le film "L'Exorciste". Il a même fait volte-face avec son torse dans une manœuvre vertigineuse, prouvant que Boston Dynamics ne compte pas se laisser enfermer dans les limites de la morphologie biologique.
« Il ne s'agit pas seulement de copier la nature », a affirmé Robert Playter, PDG de Boston Dynamics. « Nous pouvons extraire le meilleur de ce que la nature propose, tout en la surpassant dans d'autres domaines. »
De la scène aux lignes de production
Cette démonstration marquait l'annonce de la version d'Atlas prête pour la production industrielle. La filiale de Hyundai a également officialisé un partenariat avec Google DeepMind pour intégrer l'intelligence artificielle à ses machines.
L'entreprise collabore déjà sur un modèle destiné aux usines automobiles, avec un déploiement prévu sur le site de fabrication de véhicules électriques de Hyundai d'ici 2028. Toutefois, le prix et la date de disponibilité de ce colosse de 1,88 m et 90 kg restent confidentiels.
Au-delà de ses rotations de tête spectaculaires, Atlas a démontré sa capacité à manipuler des pièces automobiles et même à exécuter des mouvements de breakdance d'une fluidité déconcertante. « Atlas va révolutionner le travail industriel », s'est enthousiasmé Playter.
Révolution industrielle ou bulle technologique ?
Malgré l'effet "waouh", la viabilité à long terme de cette technologie soulève des interrogations. Certains experts craignent que les robots humanoïdes ne soient que la prochaine « bulle financière », remettant en cause leur pertinence réelle face à d'autres formes de robotisation plus spécialisées.
Le débat reste ouvert : la forme humaine est-elle vraiment la plus efficace en milieu industriel ? Comme le souligne Alex Panas, associé chez McKinsey : « Tout dépend des cas d'usage ; dans certaines situations, l'humanoïde est pertinent, dans d'autres, absolument pas. »
À en juger par cette dernière démonstration, Boston Dynamics fait le pari de l'audace en s'autorisant des libertés contre-nature pour s'imposer dans l'industrie de demain.
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