Einstein : Le nouvel agent d'IA qui s'invite sur Canvas pour faire vos devoirs à votre place
Par .Publié le
2026/02/24 17:31
Février. 24, 2026
Si vous pensiez que la triche académique par intelligence artificielle avait atteint son paroxysme, détrompez-vous. L’ère fastidieuse du copier-coller depuis ChatGPT semble déjà révolue, cédant la place à des agents autonomes capables de prendre intégralement les commandes de votre scolarité.
Un étudiant virtuel nommé Einstein
La start-up Companion.AI vient de lever le voile sur sa dernière innovation : Einstein. Ce n'est pas un simple générateur de texte, mais un véritable agent de poche conçu pour s'infiltrer directement sur Canvas, le système de gestion de l’apprentissage utilisé par de nombreuses universités. Selon les promesses de ses concepteurs, Einstein ne se contente pas de résoudre des exercices ; il participe aux forums de discussion, répond aux messages des camarades, rédige des dissertations et synthétise les cours magistraux enregistrés.
L’entreprise affiche ses ambitions sans détour sur son site web : "Einstein dispose d’un ordinateur virtuel complet avec son propre navigateur. Tout ce que vous pouvez faire, il peut le faire aussi." Le slogan promotionnel est tout aussi provocateur : "Configurez-le et oubliez-le. Einstein vérifie les nouveaux devoirs et les boucle avant la date limite, pendant que vous dormez."
Entre prouesse technique et imposture académique
Advait Paliwal, fondateur de Companion, décrit son outil comme un agent opérationnel capable de passer à l'action plutôt que de simplement converser. Si Paliwal n’en est pas à son coup d’essai — il a déjà lancé YouLearn AI, un tuteur virtuel revendiquant un million d’utilisateurs — la communauté tech reste prudente. Le secteur de l’IA est en effet saturé de projets inaboutis et de promesses marketing surévaluées. Le risque pour l'étudiant est double : rendre un travail médiocre facilement détectable par les algorithmes anti-plagiat, ou s'exposer à de lourdes sanctions disciplinaires pour violation des conditions d'utilisation des plateformes universitaires.
Le cynisme de l'outil est frappant. Dans sa section foire aux questions, le site va jusqu'à interroger ironiquement l'utilisateur : "Et si je veux faire un devoir moi-même ?". En promettant une autonomie totale, Einstein supprime l'ultime barrière de la triche manuelle. "Oubliez la navigation entre ChatGPT et votre portail étudiant", vante l'entreprise. "Einstein lit le sujet, le résout et le soumet directement."
La colère et l'impuissance du corps enseignant
L'annonce de cet agent a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux, particulièrement chez les éducateurs qui luttent déjà au quotidien contre l'omniprésence des chatbots. Sur les forums spécialisés, le ton est au désarroi. Certains experts, comme Brendan Bartanen, professeur à l’Université de Virginie, avertissent que nous ne voyons que la partie émergée de l'iceberg. Selon lui, la puissance actuelle des modèles d'IA permet désormais à n'importe qui de créer des applications complexes à partir d'idées exprimées en langage naturel.
Face à cette levée de boucliers, Advait Paliwal reste de marbre. Il estime que l’indignation des enseignants est déplacée et que le système éducatif doit s'adapter à l’IA comme il l’a fait autrefois pour la calculatrice ou Google. Il affirme même avoir reçu des menaces de la part de professeurs l’accusant de précipiter la chute de la société.
Vers une éducation à deux vitesses ?
L’émergence d’Einstein s’inscrit dans une tendance plus large où des start-ups n’hésitent plus à promouvoir la triche comme un gain d'efficacité. À l'instar de la société Cluely qui propose d’aider ses utilisateurs à "tricher sur tout" pour paraître plus brillants en réunion, ces nouveaux outils posent un défi civilisationnel à l'école. Alors que les institutions tentent désespérément de maintenir l'intégrité des diplômes, la technologie, elle, semble avoir toujours une longueur d'avance.
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