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Moins de travail, plus de précarité ? L’amère vérité derrière la promesse de la semaine courte


Par Joe Wilkins .Publié le 2026/02/13 04:15
Moins de travail, plus de précarité ? L’amère vérité derrière la promesse de la semaine courte
Février. 13, 2026
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Alors que les barons de la Silicon Valley multiplient les envolées lyriques sur une intelligence artificielle (IA) qui nous offrirait la semaine de quatre jours et nous libérerait du labeur, l’économiste Robert Reich dissipe la fumée des faux-semblants. Dans un nouvel essai aux accents prophétiques, l’ancien secrétaire au Travail avertit : ces semaines raccourcies s’accompagneront de fiches de paie encore plus maigres, condamnant la classe ouvrière à une lutte acharnée pour de simples miettes.

Si l’économie américaine affiche une croissance robuste et que les marchés boursiers s’envolent, Robert Reich rappelle une réalité brutale : pour la majorité des citoyens, la situation est "médiocre". Selon ce fin analyste, à mesure que l’IA bouleverse le marché de l’emploi, les travailleurs pauvres et la classe moyenne seront les premiers à en payer le prix fort.

Le mirage de la semaine de quatre jours

Pour étayer son propos, Reich revient sur les prédictions de magnats de la finance et de la tech, tels qu’Eric Yuan (Zoom) ou Jamie Dimon (JPMorgan Chase). Ces derniers soutiennent que l’automatisation généralisera bientôt la semaine de trois ou quatre jours.

"C’est une pure ineptie", tranche Reich. "La réalité est simple : une semaine de quatre jours se traduira très probablement par quatre jours de salaire. Une semaine de trois jours, par trois jours de salaire. Et ainsi de suite."

Le fossé historique entre productivité et salaires

Comme preuve de ce mécanisme, il invoque le "découplage" entre productivité et rémunération. Aux États-Unis, si la productivité nationale ne cesse de croître, la part reversée aux salariés stagne désespérément depuis les années 1970. En d’autres termes, les travailleurs sont lésés par leurs employeurs depuis des décennies, et rien ne laisse présager que l’IA brisera cette dynamique.

"À mesure que l’IA s’emparera de leurs tâches, la plupart des employés s’appauvriront ou devront cumuler plusieurs emplois pour maintenir leur niveau de vie actuel", avance l’économiste.

Une société à deux vitesses

Nul besoin de se projeter dans le futur pour observer ce phénomène : en 2025, la croissance des emplois à temps plein est restée atone, tandis que la "gig economy" (l’économie des petits boulots) explose dans un contexte de licenciements massifs et de baisse des revenus pour les moins qualifiés.

"Au lieu d’instaurer une ère d’abondance où l’argent ne serait plus un souci, les nouvelles technologies ont engendré une société à deux vitesses", déplore Reich. "D’un côté, une infime minorité détenant des richesses colossales ; de l’autre, une immense masse de citoyens qui luttent pour leur survie."

En dernière analyse, pour Robert Reich, l’enjeu n’est pas technologique, mais politique : "Tout dépend de qui détient le pouvoir."

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