• Jeudi 12 Février 2026 - 3:14 AM

Soutenez Bonjour

Soutien Journalisme indépendant

Accessible à tous, financé par les lecteurs

Soutenez-nous

L’intelligence artificielle fait tomber le couperet chez Baker McKenzie : 1 000 postes supprimés


Par Frank Landymore .Publié le 2026/02/12 03:17
L’intelligence artificielle fait tomber le couperet chez Baker McKenzie : 1 000 postes supprimés
Février. 12, 2026
  1. 0
  2. 1

Le géant du droit ne s’en cache plus. Sous couvert de transition technologique, le cabinet international amorce une restructuration massive de ses effectifs de soutien.

Le cabinet d’avocats multinational Baker McKenzie, pilier du secteur basé à Chicago, s’apprête à licencier jusqu’à un millier d’employés. Cette décision s’inscrit dans un virage stratégique vers l’intégration de l’intelligence artificielle (IA), selon les informations du portail juridique RollOnFriday.

Ce mouvement pourrait bien être le prélude d’une vague de compressions budgétaires liées à l’IA dans d’autres industries. Ici, ce ne sont pas les avocats qui sont visés par la hache de la direction, mais leurs fonctions supports. Des dizaines de postes à Londres et Belfast, ainsi que des centaines d’autres dans les départements de recherche, de marketing et de secrétariat, sont directement menacés.


Une "revue minutieuse" aux accents numériques

Ces coupes, qui pourraient affecter jusqu’à 10 % des effectifs mondiaux du cabinet (soit entre 600 et 1 000 personnes), font suite à un examen approfondi des fonctions de support administratif. Un porte-parole a confirmé que l’IA a été explicitement citée comme un facteur déterminant dans ce processus.

    « Cette revue vise à repenser nos méthodes de travail, notamment par l’utilisation de l’IA, afin d’introduire plus d’efficacité et d’investir dans les rôles qui servent au mieux les besoins de nos clients », a précisé le représentant de la firme.

L’ombre de Claude et le spectre de l’ "AI Washing"

Cette annonce intervient alors que le nouvel agent autonome d’Anthropic, Claude Cowork, a provoqué un vent de panique sur les marchés financiers la semaine dernière. Les investisseurs craignent que l’automatisation des tâches juridiques et administratives ne rende obsolètes les logiciels coûteux — et les humains qui les manipulent.

Cependant, au-delà de la prouesse technique, une autre tendance émerge dans les cercles de la finance : l’ "AI Washing". De plus en plus d’entreprises justifient des réductions d’effectifs en invoquant les promesses, parfois douteuses, de la technologie. L’année dernière, l’IA a été citée dans plus de 54 000 licenciements, bien que les critiques soulignent que les leaders économiques l’utilisent souvent pour masquer des coupes budgétaires purement financières, sans disposer de solutions technologiques de remplacement viables.

Entre promesses et hallucinations

La prudence reste de mise. De nombreuses recherches prouvent que les outils d’IA ne peuvent pas encore remplacer la fiabilité humaine. Dans le milieu juridique, les dérives ont parfois frôlé le ridicule, avec des avocats sanctionnés par des juges pour avoir produit des conclusions basées sur des citations de jurisprudence totalement inventées par des algorithmes "hallucinants".

Seul l’avenir dira si ce choix de Baker McKenzie est une vision d’avant-garde ou une erreur stratégique court-termiste. Dans les couloirs du cabinet, l’amertume est palpable : un employé sur le départ a qualifié, dans une diatribe virulente, la décision de ses supérieurs de « totalement dénuée de clairvoyance ».

Notez ce sujet



sport

Référendum

Les principaux obstacles auxquels sont confrontés les immigrants

  1. 83%
  2. 16%
  3. 0%

6 Votes

DESSUS