Le tsunami de l’IA frappe de plein fouet le marché de l’emploi
Par .Publié le
2026/01/24 19:29
Janvier. 24, 2026
Le monde assiste aujourd’hui à une mutation radicale et inédite de l’économie mondiale, portée par une révolution de l’intelligence artificielle (IA) qui n'est plus une simple promesse technologique, mais une réalité concrète. Cette transition redéfinit la notion même de travail et la valeur de l'effort humain. Tandis que les dirigeants d’entreprises et les géants de la tech se livrent à une course effrénée pour récolter les fruits de l’automatisation, des millions de salariés se retrouvent face à un défi existentiel menaçant leur stabilité professionnelle et leur avenir social.
Aux États-Unis, le marché de l’emploi traverse une zone de turbulences majeures, marquée par une hausse sensible du chômage et une stagnation des salaires. Bien que l’ampleur de la responsabilité de l’IA dans cette dégradation fasse l’objet de vifs débats, une certitude demeure : la colère des travailleurs gronde face à une technologie perçue comme une menace directe pour leur sécurité d'emploi.
En conséquence, un vent d’anxiété commence à gagner les cercles dirigeants. Ces derniers redoutent un retour de bâton social, alors même qu’ils continuent de vanter les mérites de cette révolution technologique.
L’alerte de Davos
Lors du sommet du Fonds Monétaire International (FMI) à Davos, Kristalina Georgieva, directrice générale de l’institution, a qualifié l’IA de moteur essentiel de la croissance économique. Toutefois, son discours était teinté d’une profonde inquiétude :
« Nous anticipons un gain de croissance allant jusqu’à 0,8 % dans les années à venir, mais l’IA déferle sur le marché du travail tel un tsunami. La plupart des pays et des entreprises ne sont pas préparés à un tel choc. »
Ces déclarations interviennent après une année noire marquée par des licenciements massifs et un ralentissement des recrutements, où les grandes firmes ont explicitement désigné l’IA comme coupable. En septembre dernier, Marc Benioff, PDG de Salesforce, justifiait la suppression de 4 000 postes dans le service client par un besoin moindre en ressources humaines grâce à l’automatisation. En octobre, Amazon franchissait un cap historique en supprimant 14 000 postes de cadres, citant l’IA comme facteur déterminant de cette restructuration.
Un fossé de méfiance
Le ressentiment croissant de l’opinion publique face à l’idée que l’IA s'accapare les emplois ne devrait pas surprendre le patronat. Selon le rapport Global Talent Trends 2026 du cabinet Mercer, relayé par CNBC, les craintes liées à la perte d’emploi due à l’IA sont passées de 28 % en 2024 à 40 % en 2026.
L'étude révèle également que 62 % des salariés estiment que leurs dirigeants sous-estiment l’impact psychologique et émotionnel de cette transition. Un sentiment légitime : durant toute l’année écoulée, les cadres dirigeants ont multiplié les éloges sur cette prétendue révolution pour attirer des investissements colossaux, transformant ainsi radicalement les fondements de l’économie américaine.
Dans ce contexte, on ne peut blâmer les travailleurs pour leur méfiance. Dans la conjoncture actuelle, il semble qu'ils soient les seuls condamnés à payer le prix fort de cette mutation.
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