Gaia, la sonde spatiale qui refuse de mourir
Par Futurisme .Publié le
2025/04/02 15:37

Avril. 02, 2025
"Les engins spatiaux, décidément, ne se laissent pas éteindre facilement." Cette constatation, formulée par l'Agence spatiale européenne (ESA), résume l'étonnante résistance rencontrée lors de la mise hors service de la sonde Gaia. Conçue pour cartographier avec une précision inégalée plus d'un milliard d'étoiles de la Voie lactée, Gaia a opposé une résistance inattendue à son arrêt définitif.
"Éteindre un engin spatial à la fin de sa mission semble être une procédure simple", explique Tiago Nogueira, opérateur de Gaia à l'ESA. "Mais Gaia, comme d'autres, a démontré une réticence surprenante à l'extinction." Cette difficulté s'explique par la conception robuste de la sonde, pensée pour résister aux rigueurs de l'espace.
"Gaia a été conçue pour endurer les aléas spatiaux : tempêtes de radiations, impacts de micrométéorites, ou pertes de communication", détaille Nogueira. "Ses systèmes redondants lui permettent de redémarrer et de reprendre ses opérations en cas de perturbation."
Pour désactiver Gaia, l'équipe a dû élaborer une stratégie complexe, consistant à désactiver méthodiquement chaque couche de redondance. "Nous devions éviter toute réactivation future, notamment si les panneaux solaires captaient à nouveau la lumière", précise un responsable de l'ESA.
Lancée en 2013, Gaia a révolutionné notre connaissance de la Voie lactée, créant le catalogue spatial le plus complet à ce jour. Après plus d'une décennie de service, elle a atteint sa fin de vie opérationnelle.
Une dernière manœuvre a éloigné Gaia du point de Lagrange 2, pour la placer sur une orbite de retraite stable autour du Soleil, garantissant qu'elle ne s'approchera plus de la Terre pendant au moins un siècle.
La procédure de mise hors service a impliqué la désactivation progressive des instruments et sous-systèmes, suivie de la "corruption délibérée" du logiciel embarqué, assurant ainsi l'impossibilité de redémarrage.
"Gaia a permis des découvertes extraordinaires, cartographiant étoiles, lunes et exoplanètes", souligne Julia Fortuno, ingénieure des opérations spatiales. "Les données recueillies, notamment sur la trajectoire du Système solaire vers le centre galactique, sont inestimables."
"J'éprouve un mélange d'excitation pour ces opérations de fin de vie et de tristesse de quitter cette mission à laquelle j'ai consacré plus de cinq ans", confie Fortuno. "Mais je suis profondément fière d'y avoir contribué."
Source : Futurisme
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