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Un dilemme cosmologique majeur : l’énigme de l’expansion de l’univers met la physique au défi


Par Victor Tangermann .Publié le 2026/04/23 14:07
Un dilemme cosmologique majeur : l’énigme de l’expansion de l’univers met la physique au défi
Avril. 23, 2026
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Il y a près d’un siècle, le célèbre astronome Edwin Hubble établissait que l’univers est en expansion à un rythme accéléré. Plus les galaxies sont éloignées de la Terre, plus elles semblent s’éloigner rapidement de nous. Cette observation élégante constitue le pilier de la cosmologie moderne. Pourtant, déterminer avec précision la relation entre la distance des objets célestes et leur vitesse de récession demeure l’un des défis les plus redoutables de l’astronomie contemporaine. Plus précisément, le taux d’expansion de l’univers — appelé constante de Hubble — est devenu un véritable point de friction, car les tentatives pour le définir aboutissent systématiquement à des chiffres divergents.

La "Tension de Hubble" : un fossé de 10 %


Le problème est de taille : lorsque les scientifiques calculent ce que devrait être la constante de Hubble, le résultat ne correspond pas aux observations réelles de l’univers. Pire encore, les différents instruments de haute précision conçus pour la mesurer ne parviennent pas à s’accorder. Cette anomalie est si significative qu’elle porte désormais un nom : la tension de Hubble.

Aujourd’hui, une équipe internationale d’astronomes affirme avoir produit l’une des mesures les plus précises à ce jour, nous rapprochant ainsi d’une résolution potentielle de cette divergence flagrante. Ces résultats pourraient enfin répondre à des questions fondamentales, telles que l’âge réel de notre univers.

Une précision inédite qui confirme l'impasse

Selon l’étude publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics, l’équipe a identifié une valeur de la constante de Hubble d’environ 73,5 kilomètres par seconde par mégaparsec (un mégaparsec équivaut à environ 3,26 millions d’années-lumière). Si ce chiffre semble être un pas dans la bonne direction, il souligne surtout à quel point les plus grands chercheurs peinent à résoudre cette tension. Cette impasse soulève une possibilité vertigineuse : soit une partie essentielle de notre compréhension nous échappe, soit l’univers est régi par des lois physiques encore non découvertes.

« Le modèle cosmologique dominant prédit que la constante de Hubble devrait être 10 % plus petite que ce que nous mesurons directement », a déclaré Stefano Casertano, chercheur au Space Telescope Science Institute, à Phys.org. « C’est ce qu’on appelle la tension de Hubble, et l’écart est plus de cinq fois supérieur à l’incertitude combinée des modèles et des mesures. »

Vers une "nouvelle physique" ?

Pour unifier ces mesures, l’équipe a développé un cadre statistique permettant de combiner l’ensemble des données et d’identifier d’éventuelles incohérences. « Il s’agit de la mesure la plus précise à ce jour, atteignant pour la première fois une exactitude de 1 % », ajoute Stefano Casertano.

Cependant, le plus dur reste à faire. Pour Adam Riess, coauteur de l’étude et prix Nobel de physique, confirmer cette tension rend impératif le réexamen des fondements du modèle cosmologique actuel. Les chercheurs concluent que ce travail exclut désormais l’hypothèse d’une simple erreur de mesure locale. Si cette tension est réelle, comme le suggèrent les preuves de plus en plus nombreuses, elle pourrait pointer vers une « nouvelle physique » dépassant le modèle standard de la cosmologie.

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