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Vénus : Le mystère des tunnels géants sous la surface de la jumelle maléfique


Par Victor Tangermann .Publié le 2026/02/09 10:05
Vénus : Le mystère des tunnels géants sous la surface de la jumelle maléfique
Février. 09, 2026
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La jumelle maléfique de la Terre cacherait-elle des cités de tunnels volcaniques sous sa surface ? Les spéculations scientifiques s’intensifient autour de l’existence d’immenses tubes de lave sous la croûte vénusienne. Une étude récente révèle que le diamètre de ces galeries pourrait atteindre environ un kilomètre. Cette découverte ne bouleverse pas seulement notre perception de la géologie planétaire, elle place également Vénus en tête des corps célestes abritant les plus vastes structures volcaniques souterraines de notre système solaire.

Vénus est depuis longtemps surnommée la jumelle maléfique de la Terre. Bien que les deux planètes affichent une taille similaire et soient nées dans la même région du système solaire, Vénus s’avère bien moins hospitalière pour la vie telle que nous la connaissons. À sa surface, les températures dépassent les 480°C (900°F), ses nuages sont saturés d’acide sulfurique et la pression atmosphérique y est près de 100 fois supérieure à celle de la Terre, soit l’équivalent d’une immersion à 900 mètres de profondeur sous l’océan.

Pourtant, sous ces conditions dantesques, la planète pourrait abriter des structures caverneuses appelées tubes de lave, selon une équipe internationale de chercheurs dont les travaux ont été acceptés par la revue Icarus.


Des cathédrales géologiques sous la fournaise

Sur Terre, les tubes de lave sont des sous-produits de l’activité volcanique, formés lorsque la surface d’une coulée se solidifie alors que le cœur liquide continue de s’écouler, laissant derrière lui une cavité. Ces structures existeraient également sur la Lune et sur Mars.

Bien qu’ils ne puissent servir de refuges pour de futurs explorateurs spatiaux — les conditions extrêmes excluant toute présence humaine — l’hypothèse de leur existence sur Vénus gagne du terrain. Cela s’explique notamment par la gravité de la planète, qui ne représente que 91% de celle de la Terre, permettant à des tunnels d’un kilomètre de large de maintenir une stabilité structurelle.

« Nos résultats suggèrent que des tubes de lave d’une largeur de quelques centaines de mètres peuvent rester stables, et ces dimensions sont cohérentes avec les tailles des chenaux observés à la surface de Vénus », souligne la publication.

En quête de l’invisible

Les chercheurs appellent désormais les futures missions, dotées de capacités d’imagerie haute résolution et d’investigation géophysique, à traquer les chaînes de cratères (alignements de dépressions circulaires), les lucarnes (ouvertures verticales menant aux canaux souterrains) et les vides sous-jacents.

Pour estimer les limites maximales de ces tunnels, les scientifiques ont utilisé une technique reconnue : l’analyse limite par éléments finis (FELA). Ces conclusions s’appuient sur des modélisations antérieures du volcanisme explosif de la planète. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des astronomes soupçonnent leur présence ; une étude l’an dernier parvenait à des conclusions similaires.

« Les tubes de lave terrestres ont des volumes réduits, ceux de Mars sont légèrement plus grands, suivis par ceux de la Lune », expliquait Barbara De Toffoli, chercheuse à l’Université de Padoue, lors d’une conférence relayée par New Scientist. « Et puis il y a Vénus, qui brise totalement cette tendance en affichant des volumes de tubes absolument colossaux. »


Défis d’observation et missions futures

Confirmer l’existence de ces immenses conduits reste toutefois un défi de taille. Outre l’hostilité de l’environnement, la planète est enveloppée d’une épaisse couche de nuages denses, rendant l’analyse orbitale extrêmement complexe.

Heureusement, la mission DAVINCI de la NASA, prévue pour 2030, devrait explorer la planète via un orbiteur et une sonde atmosphérique. En parallèle, la mission VERITAS a été conçue pour cartographier la surface avec des instruments radar et infrarouges de haute précision.

Si DAVINCI a survécu aux coupes budgétaires, le sort de VERITAS demeure incertain. Bien que le budget initialement proposé par l’administration américaine menaçait les deux projets, une contre-proposition du Congrès, récemment validée par le Sénat, maintient l’espoir de percer enfin les secrets des mystérieux tunnels de Vénus.

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