NASA : Le calvaire des 136 kilos — Les nouvelles combinaisons lunaires sous le feu des critiques
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/01/30 19:42
Janvier. 30, 2026
Alors que la NASA s’apprête à lancer, d’ici deux semaines, son premier voyage habité vers la Lune depuis plus d’un demi-siècle, une ombre plane sur la mission Artemis 3. Au cœur des inquiétudes : la nouvelle combinaison spatiale, véritable prouesse technologique qui semble toutefois se heurter aux limites de la physiologie humaine.
Développée par l’entreprise privée Axiom Space dans le cadre d’un contrat de 228 millions de dollars, cette armure futuriste doit protéger les astronautes des radiations, de l’absence d’atmosphère et des amplitudes thermiques extrêmes de la surface lunaire. Pourtant, c’est un chiffre qui cristallise les débats : 300 livres, soit environ 136 kilogrammes.
Le paradoxe du poids : Entre souplesse et inertie
C’est ici que réside la grande contradiction de ce projet. Si la faible gravité lunaire (un sixième de celle de la Terre) réduit le poids ressenti à environ 23 kg, la masse, elle, reste inchangée. Kate Rubins, ancienne astronaute de la NASA ayant passé 300 jours dans l’espace, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une récente réunion scientifique. Selon elle, le stress physique sera « extrême ».
« Sur la station spatiale, nous n’avons pas cette contrainte. Sur la Lune, ils devront porter ces combinaisons pendant huit ou neuf heures par jour », prévient-elle. Bien que la combinaison d’Axiom offre une flexibilité nettement supérieure à celles des missions Apollo — permettant par exemple de s’agenouiller pour ramasser des échantillons — son embonpoint constitue un défi de taille.
« Une pompe de flexion » : Le risque de la chute
L’une des préoccupations majeures concerne la mobilité en cas d’accident. Relever un corps de 136 kg après une chute sur le sol lunaire n’est pas une mince affaire. Comme l’ont démontré les chutes mémorables des pionniers d’Apollo, se redresser nécessite une manœuvre risquée, une sorte de « pompe avec saut » extrêmement énergivore et périlleuse.
Un laboratoire ambulant en phase de test
Face à ces critiques, la NASA et Axiom Space temporisent. Le Dr Mike Barratt, astronaute et médecin, estime que la combinaison « progresse », s’appuyant sur 700 heures de tests sous pression. Pour affiner le design avant le lancement historique d’Artemis 3 l’année prochaine, l’agence multiplie les essais : vols paraboliques pour simuler la gravité partielle et tests subaquatiques au Laboratoire de flottabilité neutre.
Le défi reste de taille : transformer ce scaphandre de 136 kilos, véritable vaisseau spatial miniature, en un vêtement assez agile pour que l’homme puisse, à nouveau, fouler le régolithe lunaire sans s'effondrer sous le poids de sa propre protection.
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