La retraite des leaders : Passer du pouvoir au projet de vie
Par Benjamin Laker .Publié le
2025/03/29 09:22

Mars. 29, 2025
La retraite est souvent perçue comme une ligne d’arrivée, l’aboutissement d’une carrière. Pourtant, pour de nombreux cadres et professionnels engagés, cette vision peut mener à une crise identitaire inattendue.
Sans projet clair pour la suite, les retraités risquent de se sentir perdus, en manque de repères et coupés de l’identité qu’ils ont construite durant des décennies.
Mais pourquoi ?
Beaucoup partent à la retraite par réaction – épuisés par leur secteur, lassés des bureaucraties ou simplement fatigués. Si ces raisons sont légitimes, elles ne devraient pas fonder un projet de retraite. Comme l’explique l’ouvrage "Retraite : Construire une vie qui vous ressemble", ceux qui se concentrent sur ce qu’ils quittent peinent à trouver un épanouissement post-carrière.
La solution ? Une approche proactive : "Qu’est-ce qui vous passionne pour demain ? Quels rêves avez-vous repoussés par manque de temps ?" Les retraités les plus épanouis voient cette transition comme une opportunité, non une retraite au sens militaire. Une vision positive n’est pas un vœu pieux – c’est la clé d’une satisfaction durable.
Redéfinir son identité au-delà du titre professionnel
Pour les cadres, le travail dépasse le salaire : c’est une identité. Médecins soignent. Dirigeants pilotent. Entrepreneurs innovent. Athlètes rivalisent. La disparition soudaine de ce statut peut être déstabilisante. La satisfaction dans la retraite dépend justement de la capacité à se réinventer.
"Quelles compétences et valeurs vous définissent hors du bureau ?" Un avocat passionné de plaidoirie pourrait se tourner vers le bénévolat. Un PDG mentor dans l’âme pourrait coacher de jeunes talents. Un scientifique curieux pourrait lancer un projet de recherche indépendant. L’identité post-carrière n’exige pas une rupture – juste une réorientation de ce qui vous anime.
Cultiver son réseau avant le départ
Les études sur le bonheur à long terme sont formelles : ce sont les relations – pas l’argent ni le statut – qui déterminent le bien-être en retraite. Or, pour beaucoup, le travail fournissait l’essentiel de leur vie sociale. Une fois retirés, l’isolement guette.
Les retraités épanouis entretiennent délibérément leurs liens avant de quitter leur poste. Pas seulement via des déjeuners professionnels, mais en consolidant les amitiés personnelles, en renouant avec la famille ou en intégrant de nouveaux cercles partageant leurs centres d’intérêt.
Dans les BMJ Leader, James Stoller et Gérard Rabalais – eux-mêmes en pré-retraite – soulignent l’importance des "rituels transitionnels" : des médecins organisent des rencontres régulières pour maintenir le contact ; d’autres deviennent mentors à temps partiel. Une stratégie payante pour atténuer la rupture.
Le sens avant la productivité
Même bien entourés, certains surperformants craignent l’ennui sans leur travail. Ce qu’ils redoutent vraiment ? Perdre leur raison d’être.
Comme le démontrent Stoller et Rabalais, les retraités heureux ne cherchent pas à "rester occupés", mais à "donner du sens" à leur temps. Leur recherche identifie six profils, des "Explorateurs" (en quête de nouvelles passions) aux "Libérés" (adoptant un rythme sans contraintes). Les plus satisfaits ne sont pas les plus actifs, mais ceux qui s’investissent dans des projets porteurs de sens.
Exemples frappants dans le BMJ Leader : un directeur d’hôpital devenu vigneron, un professeur lançant un podcast à succès, ou un médecin se reconvertissant dans la fromagerie. Preuve que la retraite réussie ne se mesure pas à la productivité, mais à l’engagement dans ce qui nous ressemble.
Une transition, pas une rupture brutale
Mais le sens ne suffit pas si la retraite est abordée comme un événement ponctuel. L’erreur classique ? Croire que tout se mettra en place une fois le bureau quitté. En réalité, les transitions les plus fluides sont progressives : réduire son temps de travail, accepter des missions de conseil, ou tester des activités avant de sauter le pas.
Le BMJ Leader propose un cadre structuré autour de trois piliers :
Identité : Qui suis-je sans mon titre ?
Relations : Comment préserver mes liens professionnels et sociaux ?
Sens : Qu’est-ce qui donnera de la valeur à mes jours ?
Planifier sa retraite comme sa carrière
Les leaders excellent dans la stratégie professionnelle… mais négligent souvent de l’appliquer à leur retraite.
Pourtant, cette étape n’est pas une fin – c’est une porte ouverte. Celle d’une vie où l’on choisit enfin ses priorités. Les retraités les plus épanouis ne la subissent pas : ils la conçoivent. Que ce soit à travers les relations, les passions ou de nouveaux défis, l’enjeu est de créer un quotidien qui inspire. Car une retraite réussie ne regarde pas vers le passé – elle se construit sur l’avenir.
Source: Forbes
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