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Des cellules cérébrales humaines font tourner Doom : La nouvelle frontière de l'informatique biologique


Par Victor Tangermann .Publié le 2026/03/02 09:05
Des cellules cérébrales humaines font tourner Doom : La nouvelle frontière de l'informatique biologique
Mars. 02, 2026
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C’est une prouesse qui oscille entre science-fiction et biotechnologie de pointe. Après avoir maîtrisé le classique "Pong", des neurones humains cultivés en laboratoire s'attaquent désormais au monument du jeu vidéo en 3D : Doom.

Quatre ans après avoir fait sensation en apprenant à des "mini-cerveaux" (composés d’environ 800 000 à un million de cellules nerveuses) à renvoyer une balle virtuelle dans "Pong", la start-up australienne Cortical Labs franchit une étape décisive. L'entreprise vient d'annoncer que ses cultures cellulaires sont désormais capables d'évoluer dans l'environnement complexe et hostile de "Doom".

Du silicium au biologique : le langage de l'électricité

Pour réussir ce tour de force sur leur processeur biologique baptisé CL1, les chercheurs ont dû traduire l'univers numérique de "Doom" en signaux électriques, le seul langage intelligible pour les neurones.

    La cartographie sensorielle : Le flux vidéo du jeu est converti en motifs de stimulation électrique, envoyés directement à la culture neuronale.

    L'interaction motrice : En retour, le système surveille l'activité des cellules. Comme l'explique David Hogan, CTO de la start-up, la réponse est directe :

    Si les neurones s'activent selon un schéma spécifique, le personnage de Doom tire. S'ils adoptent un autre motif, il se déplace vers la droite.

L'apprentissage s'est avéré d'une rapidité déconcertante. Grâce à l'interface de programmation (API) de Cortical Labs, il a fallu moins d'une semaine aux cellules pour assimiler les bases du jeu, là où "Pong" avait nécessité dix-huit mois de développement logiciel et matériel initial.

Une intelligence "débutante" mais prometteuse

Certes, ces amas de cellules ne rivalisent pas encore avec les champions d'e-sport. Brett Kagan, directeur scientifique de l'entreprise, concède que les neurones jouent pour l'instant comme des débutants n'ayant jamais touché un ordinateur. Pourtant, les preuves sont là : les cellules cherchent activement les ennemis, tirent et pivotent pour explorer leur environnement.

Au-delà de la performance ludique, l'enjeu est technologique. Le cerveau biologique possède des capacités de traitement de l'information et une efficacité énergétique que le silicium traditionnel peine encore à reproduire.

Entre fascination et questionnements éthiques

Si cette démonstration ouvre la voie à des applications concrètes, comme le contrôle de bras robotiques complexes par des systèmes hybrides, elle ne manque pas de susciter le débat. Sur les réseaux sociaux, l'accueil des joueurs et du public est teinté d'une certaine appréhension : « Il y a quelque chose de fondamentalement dérangeant là-dedans », confie un utilisateur sur Reddit.

De son côté, la communauté scientifique reste prudente. Le professeur Steve Furber, de l'Université de Manchester, souligne que le mécanisme exact par lequel les neurones comprennent ce qui est attendu d'eux reste, en partie, un mystère.

Quoi qu'il en soit, Cortical Labs ne compte pas s'arrêter là. L'objectif est désormais de voir ces neurones "exceller" dans "Doom" avant de leur confier des tâches encore plus sophistiquées. La fusion entre le vivant et la machine ne fait que commencer.

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