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l’IA à l’école minerait le développement intellectuel et social des élèves


Par Sharon Adarlo .Publié le 2026/01/18 08:07
 l’IA à l’école minerait le développement intellectuel et social des élèves
Janvier. 18, 2026
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L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu scolaire pourrait s’avérer contre-productive. Selon une étude récente, l’usage de ces modèles technologiques rendrait les élèves non seulement moins performants sur le plan cognitif, mais aussi plus prompts à des comportements hostiles.

Alors que l’IA est déployée massivement dans les établissements scolaires du monde entier, cette expérimentation à l’échelle planétaire livre ses premiers résultats. Et le bilan est loin d’être prometteur. Selon les travaux du Center for Universal Education de la Brookings Institution, l’IA fait peser des risques profonds sur le développement social et intellectuel des enfants, avec des conséquences potentiellement désastreuses.

Un rapport bénéfice-risque défavorable

« À ce stade de son évolution, les risques liés à l’utilisation de l’IA générative dans l’éducation des enfants l’emportent sur ses bénéfices », souligne le rapport. Un constat qui devrait inciter à la réflexion le corps enseignant, alors que l’usage de ces outils dans les classes américaines a bondi de 34 % à 61 %.

Cette conclusion alarmante est le fruit d’une année d’enquête, incluant des entretiens et des panels de discussion avec 505 élèves, parents, enseignants et experts technologiques répartis dans 50 pays, ainsi que l’analyse de centaines d’études préexistantes.

La menace de la "démission cognitive"

L’un des principaux griefs concerne la délégation de la pensée : les élèves déchargent désormais leurs facultés réflexives sur les modèles d’IA. Un phénomène qui inquiète les premiers concernés, puisque 65 % des étudiants interrogés craignent que cette tendance ne mène à un déclin cognitif.

« C’est la facilité. On n’a plus besoin de solliciter son cerveau », confie un élève aux chercheurs, résumant ainsi le péril d’une dépendance excessive. En déléguant la réflexion à la machine, les enfants deviennent des apprenants passifs, acceptant sans recul critique les résultats produits. Plus grave encore, cette assistance permanente favoriserait l’amnésie : les élèves oublient les notions apprises en classe, l’IA se chargeant de mémoriser et de stocker l’information à leur place.

Une enseignante s’interroge avec amertume : « Si les élèves peuvent remplacer leur apprentissage réel et leur capacité à exprimer leur savoir par une production externe tout en obtenant les crédits académiques, quel sens reste-t-il à l’acte d’apprendre ? »

L’illusion du lien social

Au-delà de l’aspect intellectuel, l’étude pointe une érosion des compétences sociales. Face à des agents conversationnels toujours disponibles et souvent complaisants, les enfants n’apprennent plus à gérer la frustration ou la complexité des rapports humains.

L’IA fragilise non seulement la relation pédagogique, mais aussi le lien parental. Certains jeunes préfèrent se confier aux chatbots, avec des issues parfois fatales, comme l’ont illustré plusieurs faits divers récents signalant des suicides liés à une obsession pour des relations virtuelles.

« Ces outils créent une illusion de connexion qu’il est difficile de distinguer d’un rapport authentique », explique l’un des experts ayant participé aux panels cités dans le rapport. « Les jeunes gravitent vers l’IA précisément parce qu’elle est peu exigeante, fluide et toujours disponible. Mais les relations, dans leur essence, ne sont pas une question de facilité. Elles exigent de la négociation, de la patience et la capacité de tolérer l'inconfort. On n’apprend pas l’empathie lorsqu’on est parfaitement compris, mais plutôt lorsque l’on traverse un malentendu et que l'on parvient à le surmonter. »

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